Arrivée au sommet de la montagne, l’expédition trouva une ancienne voie romaine parfaitement conservée, laquelle conduisait à Palestrina, où l’on arriva à une heure du matin.
Ce fut une bénédiction que de rencontrer cette voie romaine, si bien conservée, que pas une bête de somme n’y fit un faux pas et que le vent n’en souleva point un grain de poussière.
Cependant de fréquentes haltes furent faites pour donner du repos au soldat. On avait besoin, vu la besogne qu’on lui réservait, qu’il n’arrivât point trop fatigué.
Le général envoya des patrouilles de tous côtés.
Une de ces patrouilles, forte de soixante hommes et commandée par le lieutenant Bronzelli, le même qui, dix ans plus tard, fut frappé à mort sur le champ de bataille de Treponti, obtint les plus heureux résultats; elle attaqua un village occupé par les Napolitains, les mit en fuite et leur fit quelques prisonniers.
Deux des nôtres, qui ne voulaient pas se rendre, furent tués et mis en morceaux.
Le 9, on eut avis qu’un corps considérable de Napolitains s’avançait vers Palestrina; et, en effet, vers deux heures de l’après-midi, du haut de la montagne Saint-Pierre, qui domine la ville et qui était occupée par notre seconde compagnie, on vit s’avancer en bon ordre, par les deux routes qui se réunissent à la porte del Sole, la colonne ennemie. C’étaient deux régiments de l’infanterie de la garde royale et une division de cavalerie.
Garibaldi envoya au-devant d’eux, en tirailleurs, deux compagnies de sa légion, une de la garde nationale mobile et la quatrième compagnie de bersaglieri.
Celle-ci occupait l’aile gauche de la longue chaîne de montagnes qui vient mourir dans la vallée.
Manara, de la plate-forme de la porte, dominait à cheval cette scène magnifique et, par l’entremise d’un trompette, indiquait les mouvements qu’il fallait exécuter.