Gemma tressaillit; tous les regards se tournèrent vers elle comme pour l’interroger.

—Serait-ce vrai? s’écria le prince.

—Oui, répondit en tressaillant Gemma, mais je l’avais oublié.

—Il s’en souvient, lui, murmura le jeune homme.

On se pressa autour de la comtesse, qui voulut en vain s’en défendre; il lui fallut, à son tour, raconter la scène par laquelle nous avons ouvert ce récit, dire comment Bruno avait pénétré dans sa chambre, comment le prince avait tiré sur lui, et comment celui-ci, pour se venger, avait pénétré dans la villa, le jour de la noce, et tué le mari de Teresa; cette histoire était la plus terrible de toutes, aussi laissa-t-elle dans l’esprit des auditeurs une profonde émotion. Quelque chose comme un frisson courait par toute cette assemblée, et n’étaient ces toilettes et ces parures, on n’aurait pas cru assister à une fête.

—Sur mon honneur, dit le capitaine Altavilla, rompant le premier silence, le bandit vient de commettre son plus grand crime en attristant ainsi la fête de notre hôte: j’aurais pu lui pardonner ses autres méfaits, mais celui-ci, je jure par mes épaulettes que j’en tirerai vengeance; et, à compter de ce moment, je me voue à sa poursuite.

—Parlez-vous sérieusement, capitaine Altavilla? dit l’Albanais.

—Oui, sur mon honneur; et j’affirme ici que je ne désire rien tant que de me trouver face à face avec lui.

—C’est chose possible, dit froidement l’Albanais.

—A celui qui me rendrait ce service, continua Altavilla, je donnerais....