—Voyons, voyons, ce n’est pas répondre, repartit Max en se levant à son tour. Veux-tu de la femme ou n’en veux-tu pas?

—Je n’en veux pas.

—Alors je la prends.

—Un instant! s’écria Henri en étendant la main; il me semble que je suis bien quelqu’un ou quelque chose ici, et que j’ai des droits comme un autre. Qui est-ce qui a tué le mari?

—Au fait, c’est un antécédent, dit en riant le comte.

Un gémissement se fit entendre à ce mot. Je tournai les yeux du côté où il venait: une femme était étendue sur un lit à colonnes, les bras et les jambes liés aux quatre supports du baldaquin. Mon attention avait été tellement absorbée sur un seul point, que je ne l’avais pas aperçue d’abord.

—Oui, continua Max; mais qui les a attendus au Havre? qui est accouru ici à franc étrier pour vous avertir?

—Diable! fit le comte, voilà qui devient embarrassant, et il faudrait être le roi Salomon en personne pour décider qui a le plus de droits, de l’espion ou de l’assassin.

—Il faut pourtant que cela se décide, dit Max. Tu m’y as fait penser, à cette femme, et voilà que j’en suis amoureux maintenant.

—Et moi de même, dit Henri. Ainsi, puisque tu ne t’en soucies pas, toi, donne-la à celui de nous deux que tu voudras.