—Oui, avec une balle dans l’épaule.

—Cela valait toujours mieux qu’une balle dans le cœur.

—Et peut-on savoir la cause de ce duel?

—Pardonnez-moi, mon cher Grisier, mais toute cette histoire est encore un secret; plus tard, vous la connaîtrez.

—Pauline?... lui dis-je tout bas.

—Oui, me répondit-il.

—Nous la connaîtrons, bien sûr?... dit Grisier.

—Bien sûr, reprit Alfred; et la preuve, c’est que j’emmène souper Alexandre, et que je la lui raconterai ce soir; de sorte qu’un beau jour, lorsqu’il n’y aura plus d’inconvénient à ce qu’elle paraisse, vous la trouverez dans quelque volume intitulé: Contes bruns ou Contes bleus. Prenez donc patience jusque-là.

Force fut donc à Grisier de se résigner. Alfred m’emmena souper comme il me l’avait offert, et me raconta l’histoire de Pauline.

Aujourd’hui le seul inconvénient qui existât à sa publication a disparu. La mère de Pauline est morte, et avec elle s’est éteinte la famille et le nom de cette malheureuse enfant, dont les aventures semblent empruntées à une époque ou à une localité bien étrangères à celles où nous vivons.