Ses cris avaient été entendus; malgré la pluie, quelques voisins sortirent; on releva la malheureuse. Les gens épouvantés croyaient à un crime; on transporta Geneviève dans la maison voisine. Là, un gamin la reconnut et dit:

—C'est la Femme du mort.

On la transporta aussitôt chez elle, et une femme resta pour la soigner.

—Pauvre femme! disaient les gens qui l'avaient secourue, et quel malheur! un si heureux ménage, ils s'adoraient!…

Le lendemain, Geneviève n'avait pas repris connaissance; atteinte d'une méningite, sur l'avis du médecin elle fut transportée dans une maison de santé.

DEUXIÈME PARTIE

I

UN MARIAGE D'AMOUR.

Quelques semaines après les événements que nous avons racontés, Fernand Séglin était assis devant son bureau; accoudé, le menton dans la paume de sa main et mordillant ses ongles, le front plissé, les yeux fixes, sans regard, il pensait.

La maison Séglin occupait le rez-de-chaussée et le premier étage d'une habitation de riche apparence du boulevard Magenta dans les environs de la rue Lafayette. F. Séglin était commissionnaire en marchandises. Il était le successeur d'un homme qui avait eu une grande réputation commerciale, réputation moins brillamment soutenue par lui. Le papier de la maison Séglin ne passait plus comme les billets de Banque. La maison, établie sur de vastes proportions, avait un personnel nombreux; aussi disait-on que les bénéfices devaient être énormes, car Fernand menait une existence très coûteuse. Au cercle il avait souvent perdu; une fois, entre autres, en une seule nuit, il avait perdu près de 120,000 francs.