—Allons, oublions tout ça… Maintenant la vie a des horizons roses.

IX

LE JOUR D'ÉCHÉANCE.

La veille du jour d'échéance, lorsque Fernand se rendit à sa maison d'affaires, il s'attendait à trouver le caissier calme, venant lui apporter le bordereau à signer; au contraire, Picard entra dans le cabinet de son patron, le teint livide.

—Qu'y a-t-il? demanda aussitôt Séglin avec inquiétude à son homme de confiance.

—Monsieur Séglin, l'heure du courrier est passée et nous n'avons rien reçu.

—Que me dites-vous là? exclama le jeune homme atterré. C'est impossible, il faut aller à la poste; assurément la lettre est égarée…

—Non, monsieur… Il se passe quelque chose d'extraordinaire. J'ai envoyé trois télégrammes demandant une réponse, et je n'ai rien reçu.

—Oh! mais c'est épouvantable! fit Fernand, prenant sa tête dans ses mains… Un malheur, un accident est arrivé… Mais je suis perdu!… Il faut trouver cette somme! De combien est le bordereau?…

—Le bordereau personnel, en dehors des valeurs de la maison Wilson, payables ici?