—Comment, ce n'est pas une vengeance? exclama le matelot étonné.

—Si je me bats avec Fernand, je le tuerai, je le sais… et après…

—Comment après? répéta Simon abruti. Après il ne revient plus…..

—Crois-tu donc que de ce jour je reverrai ma femme…

—Ça, ce n'est pas une difficulté… Vous vous séparez, et tout est dit.

Pierre eut un amer sourire.

—Simon, on m'a brisé le cœur; en une heure j'ai vécu dix ans… Je suis de l'avis de cette femme. Je veux d'abord me venger et je les tuerai après…

Simon écarquillait les yeux, ouvrait la bouche, plissait son front, faisait enfin des efforts pour comprendre et n'y réussissait pas.

—Simon, si je tue Fernand, je n'en reste pas moins le malheureux que sa femme a trompé et qu'on ridiculise… Si je me sépare de ma femme, je la fais libre et riche… et je reste le mari de la femme perdue, qui traîne éternellement mon nom dans son vice et le flétrit en le faisant porter à des enfants illégitimes…

Pierre Davenne se redressa tout à coup, et fier, les bras croisés, il dit: