Tous se regardèrent épouvantés, stupéfaits, semblant dire:
Déjà!…
La grille grinça en roulant sur ses gonds. Un commissaire, ceint de son écharpe, et quatre agents guidés par le domestique effrayé, parurent au seuil du vestibule; le commissaire et ses hommes échangèrent un regard en voyant tout ce monde debout à cette heure.
—Conduisez-moi, dit-il, dans la chambre de M. Fernand Séglin…
—Monsieur, fit le domestique, il n'est pas dans sa chambre: il s'est tué dans le boudoir de sa femme…
—Que me dites-vous là? fit le commissaire étourdi.
Sur son ordre on les conduisit aussitôt près du corps de Fernand étendu sur le grand divan du boudoir; le commissaire se pencha sur lui; un agent ramassa le revolver.
—Il s'est tué… il nous attendait!… puis, s'adressant au valet de chambre:
—À quelle heure cela est-il arrivé?
—Monsieur, presque au moment où vous avez sonné!…
—Est-ce que quelqu'un de vous était là?