Il y eut un silence au bout duquel il dit:
—Monsieur le commissaire, je désire ne pas parler d'elle… Ceci est d'elle à moi… Mais l'homme, je vous le livre… C'est un assassin…
Les agents rentraient à ce moment. On avait fouillé tout le jardin, ce qui avait été facile, car le jour était venu. On n'avait trouvé personne; la perquisition avait amené pour tout résultat la trouvaille d'un petit bout de frange de châle trouvé dans la rainure de la petite porte de fer du bord de l'eau. C'est par là que Mme Séglin avait fui en suivant le comte Otto…
—Oh! les misérables! hurla de douleur Séglin, en laissant tomber sa tête dans ses mains, au risque de faire tomber l'appareil qui enveloppait son front.
Le commissaire avait parlé bas au médecin, il l'avait interrogé sur la gravité de la blessure. Celui-ci avait dit qu'elle était absolument nulle… Alors, il se tourna vers l'agent qui avait écrit et lui dit:
—Commencez la perquisition ici, et saisissez tous les papiers.
Séglin se redressa aussitôt et, regardant le commissaire avec stupéfaction:
—Mais, monsieur, à quel propos faites-vous une perquisition chez moi?… En vertu de quel mandat?…
Le commissaire dit gravement:
—Monsieur Séglin, j'ai le regret de vous dire que ce n'est pas la tentative criminelle dont vous avez été victime qui m'amenait chez vous… Je venais vers vous directement… Monsieur Fernand Séglin, au nom de la loi, je vous arrête!