—Moi! maître!

—Tu m'as amené Iza, tu m'as amené Georgeo, et chaque fois ai-je payé tes services?

—Oui, maître.

—Tu as aujourd'hui beaucoup d'argent, Rig; tu vis sobrement et la somme que tu as aujourd'hui est pour toi plus qu'une fortune… Pourquoi ne veux-tu pas finir la vie odieuse que tu mènes? Pourquoi veux-tu voler même tes frères?

—Pourquoi? Parce que Rig est vieux et qu'ils sont jeunes;… qu'Iza sera toujours riche maintenant..

—Rig, je lis dans ton regard; prends garde. Celui qui est capable de faire ce que tu as fait gardera peu de mesure; je connais pour te faire obéir certaine histoire arrivée à bord de la Souveraine

Le vieux sauvage baissa la tête…

—Aujourd'hui, Rig, si je pouvais seulement penser que tu devinsses ingrat avec moi, que tu oubliasses ton serment et que tu devinsses traître; enfin, si cette pensée me venait, j'enverrais ton signalement au bas du rapport du capitaine de la Souveraine, au procureur impérial; je l'inviterais à passer par ton cloaque de Montrouge, et, lorsqu'il aurait vu le corps du grand Georgeo, je lui dirais le nom du coupable. M'as-tu compris?

—Si le maître parlait…, moi aussi je parlerais.

—Et que dirais-tu? fit Davenne en se levant hautain et croisant les bras. Simon clignait de l'œil et troussait ses manches, s'apprêtant, au premier signe, à sauter sur le sauvage.