Le rez-de-chaussée se composait d'un vaste salon, d'un fumoir et d'une salle à manger. C'est de cette dernière pièce que jaillissait la lumière, qui, tamisée par le feuillage des arbres, étalait ses arabesques lumineuses sur le pavé noir de la rue.
Les maîtres de la maison venaient de terminer le repas du soir; ils se levaient de table.
C'était Pierre Davenne, sa jeune femme Geneviève et leur fille Jeanne; le plus heureux ménage, la plus charmante famille, de l'avis de tout le quartier.
Après avoir embrassé sa femme et sa fille, qui se disposaient à gagner leur chambre, Pierre Davenne dit à la première avec une tendresse inquiète:
—Allons, ma belle aimée, repose-toi bien, que demain tu n'aies plus ce teint pâli, ce front soucieux. C'est ce temps lourd, étouffant, cet orage menaçant qui t'indisposent.
—Ce n'est rien, mon ami, un bon sommeil près de ma Jeanne, et demain il n'y paraîtra plus. Mais il me semble qu'au contraire c'est toi qui es malade.
—Moi?
—Oui, tu parais nerveux, fiévreux, tourmenté.
—Tu es folle, ma chère enfant, je n'ai absolument rien; l'orage peut-être.
—Que vas-tu faire à cette heure?