La grenouille sautait vive, semblant ne rien ressentir… Après quelques minutes, Rig dit:

—Le poison n'a rien fait, vous le voyez… Absorbé ainsi, il est inoffensif; mais regardez maintenant.

Il prit alors un canif; avec la pointe, il fit une légère incision sur le dos du batracien dans laquelle il glissa une goutte du poison.

Puis ils observèrent l'animal.

Dans les premiers moments la grenouille allait et sautait comme avant l'opération, avec la plus grande agilité, puis elle resta tranquille; au bout de cinq minutes les jambes de devant cédèrent, le corps s'aplatit et s'affaissa peu à peu; après cinq minutes la grenouille était morte, c'est-à-dire qu'elle était devenue molle, flasque, et que le vieux Rig, la pinçant de ses ongles, la piquant avec une aiguille, ne déterminait plus chez elle aucune réaction vitale.

—Elle est morte, bien morte, dit le vieux Rig en la prenant par une patte et en la laissant retomber. Eh bien, vous allez voir.

Et tirant d'une trousse un petit scalpel, il ouvrit la grenouille empoisonnée pour découvrir le cœur.

Le sang rougissait à l'air et présentait ses propriétés physiologiques normales et le cœur continuait à battre…

—Le cœur bat! voilà tout le mystère…

—Ainsi tu aurais pu la sauver?…