—Madame a refusé, je lui avais offert. Monsieur n'a pas à s'inquiéter, madame n'est pas malade, elle m'a recommandé de l'éveiller demain de bonne heure.

—Bien! Annette, dites à Simon que je me promène sous les arbres; on doit venir me demander vers dix heures, qu'il me prévienne dès qu'on sera venu.

—Oui, monsieur, je vais le lui dire tout de suite.

Pierre Davenne ralluma son cigare et continua sa nocturne promenade dans l'étroit jardin. Arrivé à l'extrémité, il s'assit devant une petite table de fer. Accoudé, les yeux fixés sur la fenêtre de la chambre—où reposaient ceux qu'il aimait,—éclairée à cette heure par la lueur pâle de la veilleuse, il rêvait d'amour et de bonheur, et il remerciait Dieu qui l'avait élevé à ces deux sommets, la fortune et l'amour.

Il rêvait depuis quelques minutes, lorsqu'il lui sembla entendre s'ouvrir et se fermer la porte de la rue. Il vit une ombre se diriger vers lui.

—C'est toi, Simon, demanda-t-il.

—Oui, lieutenant.

—Que veux-tu?

—La dame qui vous a écrit vient d'arriver.

—C'est une dame? fit Pierre intrigué. Tu l'as fait entrer au salon.