Puis, hochant la tête, il reprit:

—C'est pas tout ça… madame est là-haut, elle peut te voir… comment te faire entrer?…

Le vieux Rig lui dit…

—Ne prends pas de lumière… marche et je te suivrai dans l'ombre sans être vu ni entendu.

—Bon! fit le matelot, sans énergie, sans volonté, et rentrant sous le vestibule il éteignit la lampe, puis il monta pour prévenir son maître que celui qu'on appelait le sauvage venait d'arriver… Il montait l'escalier, tout soucieux, grognant entre ses dents, rongeant sa «praline;» en passant devant la porte de la chambre de Mme Davenne, il s'appliqua à ne pas faire de bruit, et il entra chez son maître; ayant fermé la porte sur lui, il disait à Pierre:

—Le sauvage est en bas, où faut-il le cacher?

—Mais non, me voilà!… fit le vieux Rig, en se dressant devant le matelot étourdi…

—Ah çà! par où es-tu entré ici, toi?… exclama-t-il.

—Derrière toi, sur tes pas.

En effet, le vieux Rig se glissant comme une couleuvre avait suivi le matelot, rampant presque dans ses jambes sans que celui-ci l'eût vu ni entendu; ce n'était plus le vieil empoisonneur que nous avons vu, tremblotant tout frileux dans sa houppelande usée… C'était le sauvage, le faux Indien de Messaya.