—Comment, personne ne le veille? fit Fernand. Y penses-tu, Simon? Entrons alors; et, suivant le matelot, il entra dans la chambre mortuaire.

En voyant sur le lit, étrangement éclairé par la lumière du cierge, le cadavre de son ami, Fernand se précipita et tomba à genoux; saisissant la main froide du mort dans ses mains fiévreuses, éclatant en sanglots, il s'écria avec un hurlement de douleur:

—Pierre! Pierre, mon vieil ami, est-ce possible?

Et ses larmes coulaient sur la main glacée…

C'était un imposant tableau que celui devant lequel le matelot Simon, les dents serrées, le front plissé, restait comme anéanti.

Le jour naissant jetait à travers les vitraux de la fenêtre des lueurs fantastiques, qui luttaient avec la lumière rouge du cierge, le corps raide étendu sur le lit et couvert d'ombre par les rideaux soulevés, sur un fauteuil un grand vase de bronze rempli d'eau bénite dans laquelle trempait une branche de buis jauni…

Fernand faisant un effort se leva, et, baisant son ami au front, il dit:

—Pierre, mon frère, mon ami, je veillerai sur les tiens…

Simon, les mains crispées, le regardait; un instant sa rage fut telle qu'il allait s'élancer pour essuyer sur le front de son maître la trace des lèvres de Fernand… Celui-ci se relevait à ce moment; il dit:

—Que veux-tu, Simon?…