—Si cruel qu'il ait été, mon devoir est accompli.
Elle écrivit deux lignes qu'elle mit sous enveloppe à l'adresse de
Pierre. Ces lignes étaient:
«Adieu, je serais de trop. Ma présence rappellerait sans cesse le passé, qui doit être oublié, et je souffrirais trop de voir une femme vous aimer. C'est au couvent que j'irai ensevelir l'amour que je vous ai caché. Pierre, adieu! Je prierai pour votre bonheur à tous.
«Madeleine de Soizé.»
Le lendemain, lorsqu'on s'éveilla dans le pavillon du bord de l'eau, Madeleine était partie… Pierre lut la lettre. Étonné, il hocha la tête et murmura:
—Noble créature!… Et le misérable ne l'avait pas devinée…
Il dit à sa femme et au matelot que, depuis longtemps, Madeleine avait dit que le jour où Geneviève reviendrait, elle partirait; qu'elle avait hâte de vivre dans sa famille. L'animosité de Mme Davenne s'éteignit en apprenant que souvent Madeleine l'avait défendue et avait réclamé le pardon.
Pierre lut avec stupéfaction dans le journal l'épouvantable fin de Fernand et du vieux Rig… Et, vivement impressionné par l'horreur de cette mort, il bénit le sort qui empêchait ainsi un procès scandaleux, dans lequel la haine de Fernand n'aurait pas manqué de le mêler.
Ce que devint Iza, la belle Moldave, ce serait bien long à raconter… Toute la jeunesse élégante et extravagante l'a connue sous le nom d'Iza la Ruine; elle a été rendue presque célèbre par un épouvantable procès. Un jour, peut-être, écrirons-nous cette autre histoire.