—Il est dans un accès, se dit Simon… Il pense à de vilaines choses… Il se sera vu dans une glace ou il regarde dans sa conscience… C'est comme s'il regardait dans du cirage… Ah! le vieux coquin…, il est bien avec cette autre canaille… Mais bon sang!… il aura tout conté à Fernand, qui a tout dit à madame… Ah! mais ça devient dangereux pour le lieutenant… Il n'y a pas à reculer, il faut aller de l'avant…
Puis, mordant sa praline avec rage et clignant de l'œil, il dit:
—Si je me donnais une petite fête… en lui souhaitant le bonsoir avec ça… et Simon, retroussant sa manche, montrait son poing, un poing gros comme une mailloche. Simon avait les mains si larges qu'il ne mettait jamais que son pouce dans ses poches et il étendait les doigts en dehors. Si on lui demandait pourquoi, il disait avec le plus grand sérieux du monde:
—C'est pour aller plus vite… Voyez les peissons, ils ont des nageoires comme ça…
Et il faisait jouer les articulations de son bras, pour s'assurer que le coup serait bon…, lorsqu'il s'aborda avec un passant; la minute qu'il employa à dire des sottises à celui qui s'excusait d'avoir été bousculé le rendit plus calme, et, baissant sa manche, il dit:
—Non, il faut faire de la belle ouvrage! Espère! espère! De la prudence, car aussitôt qu'ils apprendraient que nous les guettons, nous serions joués.
VI
COMMENT RIG ÉCRIVAIT L'HISTOIRE.
Il suivit ainsi Rig jusqu'à la rue Saint-Maur… Quand il l'eut vu entrer dans le terrain clos, puis disparaître dans l'entre-sort, il se dit satisfait:
—Vieux sauvage… dors bien, car c'est une des dernières nuits que tu passes là! Je vais me fraîchir la bouche!