—Tu peux crier… il n'y a dans la maison que toi et moi… Je guette depuis ce matin, et si, à cette heure, il y entrait quelqu'un…, sache bien, Madeleine…

Et, en disant ces mots, il lui prit le bras malgré sa résistance, et, le serrant à le briser, il ajouta:

—Je ne serai plus seulement un faussaire et un voleur…, je deviendrai un assassin… Si tu cries, entends-tu…? je te tue…

Et d'un mouvement brusque, il la repoussa. Madeleine faillit tomber: elle se retint à un banc. La petite Jeanne, en voyant le singulier accueil fait à son ami, s'était mise à pleurer, et n'ayant, pauvre petite, que le souvenir de l'affection passée, elle en voulait à Madeleine qui chassait le vieil ami de la maison… Elle se serra près de lui en gémissant:

—Je ne veux pas que Fernand s'en aille… Je veux qu'il reste…

Et Fernand dit à l'enfant:

—Jeanne, je viens te chercher pour te conduire vers ta petite mère
Geneviève…

—Elle est morte…, fit l'enfant en pleurant.

—Ce n'est pas vrai… Jeanne… C'est cette femme qui t'a volée à ta mère…

—Je veux voir petite mère… Je veux voir maman Geneviève…, sanglotait l'enfant.