—Mon Dieu! dans cette rue!
—Madame, c'est dans votre ancienne demeure qu'on vous attend… Je dois me retirer et veiller pendant tout le temps que vous resterez, et si des personnages suspects paraissaient, je vous le répète encore, tout serait fini…
L'homme se releva. Geneviève crut un moment qu'elle ne pourrait aller plus loin. Ainsi, le misérable avait choisi, pour l'attendre, le lieu même où il avait été criminel! Cependant elle ne pouvait rester ainsi, il fallait agir au plus tôt. Elle leva les yeux au ciel en embrassant la mèche de blonds cheveux qu'elle avait reçue le matin, et elle dit:
—Ayez pitié de moi, Seigneur! et protégez-moi!
Et elle se dirigea vers le petit pavillon… La porte s'ouvrit aussitôt…; elle entra et la porte se ferma sur elle… Un instant elle crut qu'elle allait tomber, elle ne pouvait faire un pas… elle sentit qu'on lui prenait la main et qu'en la soutenant, on la conduisait jusqu'au vestibule. Un frisson mortel courait dans son sang et dans ses moelles… Elle entra dans le pavillon, et, comme au retour du cimetière, elle tomba à genoux.
Le vestibule s'éclaira, et elle vit que c'était Fernand qui la dirigeait. Elle resta à ses genoux et lui dit suppliant:
—Rendez-moi mon enfant, rendez-moi mon enfant…
—Viens, fit celui-ci.
Geneviève crut qu'il cédait; elle se redressa aussitôt et le suivit. Il la conduisit vers la chambre de son mari. À la porte elle eut peur et se recula; mais, voyant la transformation de la chambre en atelier, elle exhala un soupir de soulagement. On se souvient que la chambre était devenue un atelier de sculpteur. Le regard de Geneviève chercha autour d'elle. Fernand le vit, car il lui dit:
—Geneviève, ne cherche pas Jeanne; je t'ai dit les conditions que je mettais pour te la rendre…