—J'ai dit cela, fit Geneviève rougissante? Oui…, mon mari se nommait
Pierre Davenne… Qu'ai-je dit encore? demanda-t-elle inquiète.
—Oh! rien que ces mots…, madame…
Geneviève eut un soupir de soulagement, et elle reprit:
—Mesdames, je vous remercie de vos bons soins…, je suis épuisée…, je vous prie de me laisser quelques heures, je vais me reposer…
—Mais n'avez-vous besoin de rien!
—De rien, que du calme…
—Mesdemoiselles, retirez-vous, dit la concierge et ne faites pas de bruit… Madame Davenne, dormez, je reste là avec ces demoiselles, et ce que vous aurez besoin… demandez…
Elles sortirent; et la malheureuse Geneviève resta une demi-heure assise sur son lit, la tête dans ses mains, en proie au doute terrible, se voyant inerte aux pieds de celui qui la poursuivait sans cesse, la catalepsie la livrant tout entière à ses criminelles amours… Elle entendait la dernière phrase comme un glas:
—Demain, je veux que tu t'éveilles chez toi, puis: Tu es folle! je te dis que tu es à moi.
—Était-ce vrai? Et cette pensée amena d'abondantes larmes aux yeux de Geneviève; vaincue, elle se laissa retomber sur son lit, se tordant de douleur, et gémissant dans ses sanglots: