Celui-ci chercha Louison, et s'il l'avait aperçue, il est probable qu'elle aurait eu, elle aussi, une petite conversation avec Sifflante; mais elle avait eu le bonheur de voir venir Corcoran et l'esprit de sauter aussitôt à terre; de sorte qu'elle s'avança d'un air modeste et doux, comme une jeune pensionnaire qui vient embrasser son papa au parloir.
Mais il lui jeta un regard sévère:
«A bas, Louison! à bas! Vous êtes indigne de ma confiance! Comment! je vous laisse la garde de mon royaume, de ma femme, de mon enfant, de mes trésors, de tout ce que j'ai de plus précieux au monde, et le premier usage que vous faites de votre liberté est d'étrangler Scindiah!»
Louison, honteuse d'une réprimande si bien méritée, baissa les yeux.
«C'est elle qui t'a cherché querelle, mon pauvre Scindiah, n'est-ce pas?» dit Corcoran.
Scindiah abaissa sa trompe affirmativement.
«Console-toi, mon gros ami, je te rendrai justice.... Et comment a commencé la querelle?»
Ici Scindiah fit avec sa trompe divers mouvements pour indiquer qu'on avait voulu se moquer de lui et qu'il n'était pas éléphant à le souffrir.
«C'est bien, dit Corcoran. Garamagrif passera deux jours au cachot. Toi, Louison, tu seras aux arrêts pour cinq jours.»
Garamagrif essaya d'abord de résister, mais la vue de Sifflante le réduisit bientôt à l'obéissance, et on l'emmena sans tarder dans les cachots de la citadelle, comme un prisonnier de guerre.