Malheureusement l'arrivée de Corcoran ne diminuait pas le danger, au contraire. A la tête de son armée, il pouvait peut-être dicter la loi; prisonnier dans le camp ennemi, il devait la subir.

Quand il eut raconté tous ses efforts pour délivrer Sita, elle lui reprocha doucement son entreprise si téméraire.

«Elle n'a été téméraire, dit-il, que parce que cette lâche canaille n'a pas voulu me suivre.... Au reste, nous voilà ensemble. Je suis très-fatigué, les blessures que j'ai reçues en combattant contre sir John Spalding ne sont pas encore guéries. Je vais dormir... Louison, ma bonne amie, fais le guet avec Garamagrif.»

Rama s'endormit dans les bras de son père aussi paisiblement que dans le palais d'Holkar.

Mais peu d'heures après, au point du jour, la diane réveilla tout le camp, et l'on aperçut alors les traces sanglantes du combat de la nuit.

Barclay, qui se doutait bien que le maharajah était, suivant sa coutume, à l'avant-garde, s'étonna que l'attaque n'eût pas été conduite avec plus de vigueur; mais ce qui l'étonna encore davantage, ce fut un grand tumulte qui paraissait régner dans l'armée des Mahrattes, ordinairement silencieuse et bien disciplinée.

Il en eut bientôt l'explication. Un soldat mahratte déserta, courut au camp des Anglais, et leur annonça que Corcoran avait été tué pendant l'attaque de la nuit.

«Cette fois, pensa Barclay, je suis sûr de devenir lord, et mistress Barclay sera lady Andover.»

En même temps il donna ses ordres pour l'assaut.