De l'éducation et des manières de M. William
Doubleface, esq.
Le lendemain, dès huit heures du matin, Quaterquem fut éveillé par un bruit de tambours et de trompettes. Tout le peuple remplissait les rues et les places de Bhagavapour. En même temps, dans la grande cour du palais, piaffaient d'impatience les chevaux arabes et turcs de Corcoran.
Quaterquem interrogea l'un des serviteurs.
«Seigneur, dit l'Indou, c'est le maharajah qui donne une grande fête à son peuple.
—De quelle fête veux-tu parler?
—C'est aujourd'hui que nous allons voir pendre l'Anglais.
—Pauvre Doubleface!» dit Quaterquem.
Il s'habilla en toute hâte, pour ne rien perdre du spectacle qui se préparait. Corcoran l'attendait déjà et le déjeuner était servi. Alice et Sita s'assirent en face des deux amis.
«Ne pourriez-vous pas, en ma faveur, lui faire grâce et le renvoyer à Calcutta? dit Alice. C'est un compatriote, après tout. Et vous, ma chère Sita, ne ferez-vous rien pour ce malheureux qui va périr?
—Vichnou m'est témoin, dit la douce et charmante fille d'Holkar, que j'ai le sang versé en horreur; mais je croirais trahir Corcoran lui-même si je lui demandais la vie de cet assassin.