«Monsieur Doubleface, continua Corcoran, vous avez le poignet solide?»

L'Anglais fit un signe affirmatif.

«Vous avez les reins solides?»

Même signe.

«Vous connaissez le maniement du sabre?

—Oui, dit encore Doubleface.

—Très-bien, dit Corcoran. Et toi, ami Baber, quelle est l'arme que tu préfères?

—Seigneur, répliqua Baber, ma religion me défend de verser le sang des hommes, mais elle me permet de les étrangler.

—Eh bien, homme pieux, tes désirs et ceux de ce gentleman vont être satisfait. Qu'on donne à Doubleface un sabre de Damas de la plus fine trempe, et à Baber une corde terminée par un noeud coulant, et que chacun des deux s'escrime aux dépens de son voisin! Surtout, qu'ils n'oublient pas qu'il est maintenant neuf heures du matin, et qu'à dix heures l'un des deux doit être tué, sans quoi ils seront tous deux empalés.»

Ce n'est pas sans motifs que Corcoran faisait donner aux deux combattants des armes si différentes. Si le sabre était une arme terrible dans la main de l'Anglais, le noeud coulant n'était pas moins dangereux dans les mains de l'agile et souple Baber, ancien chef des Étrangleurs de Goualior. La lutte était donc incertaine.