Puis il s'avança au grand trot dans la direction d'Holkar.
XIV
Comment l'assiégeant devint l'assiégé.
Quoique les deux troupes fussent fort inégales en nombre, les chances du combat étaient assez partagées.
Outre que la cavalerie anglaise, toute composée d'Européens, était fort supérieure dans les luttes d'homme à homme à la cavalerie d'Holkar, la disposition du terrain ne permettait pas à Holkar d'envelopper les Anglais et d'user de l'avantage du nombre.
La pagode était située sur une éminence, au milieu d'un jungle épais, qui s'élevait fort au-dessus de la taille d'un homme ordinaire, et au travers duquel il était impossible à un cavalier de pénétrer.
Trois chemins tracés à travers le jungle, aboutissaient à cette éminence, et ces chemins, assez étroits, étaient faciles à défendre. Une fois engagée dans ces défilés, la cavalerie d'Holkar se trouvait face à face avec les Anglais, et l'issue du combat dépendait du courage individuel plus que du nombre des combattants.
Holkar frémissait de rage en voyant ces obstacles que la nature et la disposition du terrain lui opposaient.
Au reste, le premier choc des deux cavaleries n'était pas fait pour lui donner grande confiance. Les Indiens soutinrent assez bien la première décharge; mais quand ils virent les Anglais,—John Robarts en tête,—s'avancer sur eux au grand trot, le sabre nu, et prêts à les mettre en pièces, rien ne put retenir les fuyards.
Ils tournèrent bride sur le champ et revinrent sur la route de Bhagavapour. Là, Holkar les rallia, et leur montrant le petit nombre des Anglais, leur rendit la confiance et l'audace.