Elle s'éveille au bruit, et commence à grogner d'une manière terrible.
En deux secondes je fus debout, un pistolet dans chaque main, ma hache d'abordage entre les dents.
Au même instant, les pirates enfoncent la porte et se précipitent dans ma cabine. Le premier qui s'avança eut la cervelle brisée d'un coup de pistolet. Le second tomba frappé d'une balle. Le troisième fut jeté à terre par Louison, qui, d'un coup de dent, lui brisa la nuque.
Je fendis la tête au quatrième d'un coup de hache, et je montai sur le pont en appelant mes matelots à l'aide.
Pendant ce temps, Louison faisait merveille. D'un bond elle renversa trois Malais qui voulaient me poursuivre. D'un autre bond elle fut au milieu de la mêlée. Ses mouvements avaient la promptitude de l'éclair.
En deux minutes elle tua six des pirates. Les ongles de ses griffes pénétraient comme des pointes d'épée dans la chair de ces malheureux. Quoiqu'elle perdit son sang par trois blessures, elle n'en paraissait que plus ardente à la bataille et me couvrait de son corps.
Enfin mes matelots arrivèrent, armés de revolvers et de barres de fer. Dès lors la victoire fut décidée. Une vingtaine de pirates furent jetés à l'eau. Les autres s'y jetèrent eux-mêmes pour regagner leurs barques à la nage, et nous ne perdîmes qu'un seul homme, celui qui avait été égorgé d'abord.
Je vous laisse à deviner si Louison fut bien pansée. Depuis cette nuit-là, où elle m'avait payé sa dette, entre elle et moi, c'est à la vie, à la mort. Nous ne nous quittons jamais.
Je vous prie donc, messieurs, d'excuser la liberté que j'ai prise de l'amener jusqu'ici.