Ils ne s'étaient pas attendus à rencontrer une résistance aussi sérieuse; ils avaient déjà deux morts et un blessé, et ils craignaient de faire des pertes plus considérables.

«Si nous mettions le feu à la pagode?» conseilla un lieutenant.

Heureusement, John Robarts n'entendait pas de cette oreille.

«Le colonel Barclay, dit-il, a promis dix mille livres sterling si on lui ramène vivante la fille d'Holkar. Mais nous n'avons rien à gagner si elle périt.... Allons! encore un effort, mes garçons! Est-ce qu'un Français tiendrait en échec la vieille Angleterre?... Si vous n'entrez point par la porte, entrez au moins par la fenêtre!»

On obéit aussitôt. Pendant que la moitié de la troupe continuait à tirailler au travers de la porte, l'autre moitié se précipita vers la fenêtre, qui était à douze pieds du sol.

Trois ou quatre soldats faisant la courte échelle à un sergent, celui-ci mit la main sur le bord de la fenêtre, s'enleva à la force des poignets et d'un élan vigoureux s'assit sur la fenêtre.

A cette vue, ses camarades crièrent:

«Hurrah!»

Mais le pauvre diable n'eut pas le temps de crier à son tour, car à peine avait-il ouvert la bouche, lorsque Louison se dressa debout sur ses pattes de derrière, appuya ses pattes de devant sur le bord de la fenêtre, saisit avec les dents le cou du malheureux sergent, le brisa et le rejeta sur ses camarades épouvantés.

Jusque-là, l'on avait oublié Louison; l'exploit de la tigresse refroidit singulièrement l'ardeur des cavaliers.