Sougriva le regarda comme s'il ne comprenait pas.
«Oui, j'entends bien, dit Corcoran. Tu demandes où est le souper. Eh bien, regarde.»
Et, de la main, il lui montra les Anglais qui déjà étaient assis sur des tapis et qui avaient commencé à manger.
«Mon ami, continua Corcoran, Louison va sortir. Elle saisira une sentinelle. L'autre criera. On courra aux armes. Tu te glisseras adroitement dans l'herbe, tu prendras le souper des Anglais et tu l'apporteras ici le plus vite qu'il te sera possible. Comprends-tu maintenant? Moi, si c'est nécessaire, je ferai une sortie les armes à la main pour protéger ton retour.... C'est une affaire décidée?....
—C'est décidé,» dit le brahmine.
Louison reçut à son tour ses instructions, que Corcoran lui donna à voix basse, plus par gestes que par paroles.
Au reste, la tigresse était si intelligente, qu'elle devina tout de suite le but de sa sortie; elle se coula joyeusement par la porte entre-bâillée, et fut suivi de Sougriva.
Les Anglais, ne s'attendant pas à une sortie et se fiant d'ailleurs au nombre, n'étaient pas sur leurs gardes et buvaient joyeusement. La lune, qui s'était déjà levée, éclairait pleinement tous ces mouvements.
Le factionnaire qui veillait devant la porte de la pagode, était à dix pas environ de l'ouverture. En deux bonds, Louison sauta sur lui, le désarma d'un coup de griffe et lui ouvrit la tête avec ses dents.