—Quel Parisien?
—Ce Brancas, qui vient ici tous les jours.
—Tu n'as pas le sens commun. On dit qu'il épouse Mlle Oliveira.
—Je me soumets au destin, dit le secrétaire général, mais je veux savoir pourquoi Mlle Claudie me repousse. Mon cher major, vous ne pouvez pas me refuser cette consolation.
—Ma foi, dit le major, je ne m'y oppose pas. Le ciel m'est témoin que j'ai souhaité ce mariage autant que toi-même; mais Claudie ne le veut pas, et l'on ne met plus au couvent les filles désobéissantes. Reste ici, je vais chercher Claudie.»
Audinet entra dans le kiosque. Il était rempli de fureur contre Claudie, contre Brancas et contre le major même. Tout lâche et insolent qu'il était, il aimait Claudie, et cet amour trompé lui causait de cruelles tortures. En un instant, mille projets sinistres se croisèrent dans sa cervelle. Il voulait se venger, mais il hésitait sur le choix de la vengeance. Il voulait surtout contraindre Claudie à l'épouser, dût-il pour cela commettre un crime.
«Vous m'avez demandée, monsieur Audinet, dit la jeune fille en entrant; que me voulez-vous?»
Elle rassemblait tout son courage pour une explication décisive.
—C'est donc fini, dit le secrétaire général d'une voix rauque, et vous ne m'aimerez jamais!
—Je suis votre amie, répondit-elle; ne me demandez rien de plus.