«Monsieur, dit-il au Parisien, je vous cède la place.»
Puis il sortit sans que personne cherchât à le retenir. L'avocat n'eut pas le temps de demander une explication à Claudie, car le major entra presque aussitôt.
«Vous n'êtes pas encore chez Oliveira? dit-il.
—Non, répondit le Parisien; mon ami Ripainsel n'était pas prêt quand je suis parti, et faisait encore un choix entre dix-sept cravates différentes; j'ai perdu patience, et j'ai cru bien faire en venant vous demander quelques conseils.
—Sur quoi, mon cher monsieur? Ma vieille expérience est à votre service. Est-ce sur les poires de beurré gris, rouge, d'Amboise, ou sur les doyenné? Rien n'est plus simple. Vous mettez vos poiriers à huit ou dix mètres de distance, en espaliers, exposés surtout au couchant, quoique l'orient et le midi ne soient guère moins favorables, sauf dans les étés très-chauds. Vous supprimez les branches parasites qui ne donneront jamais de fruits et qui consomment la sève; vous...
—Papa, dit Claudie, veux-tu faire ta toilette? Tu ne seras jamais prêt.
—Prêt à quoi?
—À faire visite à M. Oliveira.
—À quelle occasion? dit le major.
—Il t'a invité ce matin à passer la soirée chez lui. Tu n'as donc pas entendu?