—Qu'en sais-je? dit Claudie rougissant.
—Tu rougis; donc, c'est vrai. Pourquoi m'en faire un mystère?
—Et toi, un interrogatoire?
—Il est tout naturel que j'interroge. Supposons que j'aie un oison, un seul; qu'il aille chez mon voisin, et que mon voisin le tue et le mange; n'ai-je pas le droit de faire des réclamations?
—Très-bien, dit Claudie, si le voisin l'a attiré chez lui; mais si tu l'as envoyé chez le voisin?
—Tu avoues donc que tu l'as mangé?
—Mangé? Non, mais il est à la broche.
—Ah! Claudie, c'est mal. Comment! Je n'ai qu'un hégelien, un seul, un oison d'une espèce rare et hors de prix, et tu l'enlèves sous mes yeux. Claudie, Claudie! c'est une noirceur abominable.
—Tu tiens donc beaucoup à ton hégelien? demanda Claudie.
—Beaucoup? Non. Ce serait trop. Mais j'y tiens assez pour vouloir le garder dans ma ménagerie.