—Eh bien, c'est un druide blond.
—Je l'ai vu. Après?
—C'est, dit Mlle Bonsergent, le meilleur garçon du monde et le plus gai; mais il a le goût de tous les gentilshommes de campagne; il adore les cuisinières.
—Fi donc!
—J'ai cru que tu voulais savoir la vérité vraie; si tu n'as demandé que la vérité officielle, excuse ma sincérité.»
À ce moment, Catherine parut et annonça M. Brancas. Rita voulut se lever.
«Non, reste, dit Claudie. Sa visite ne sera pas longue.»
Le Parisien parut surpris et gêné de la rencontre de Mlle Oliveira; cependant, comme ils avaient tous deux beaucoup d'usage du monde, cet embarras réciproque cessa bientôt. Brancas après réflexion, fut content d'avoir trouvé l'occasion de mettre fin à une situation ridicule. Il déploya la plus rare habileté pour faire entendre à Rita, sans l'offenser qu'il aimait Claudie; et Mlle Oliveira, qui riait de ses efforts pour expliquer une chose qu'elle entendait si bien et qui lui était indifférente, s'amusait à le pousser et à l'embarrasser.
Après une heure de cet exercice fatiguant, Brancas épuisé et désespérant de se faire comprendre, allait prendre congé des deux jeunes filles, lorsque la malicieuse Rita l'arrêta court.
«Monsieur, dit-elle, je vous entends, vous aimez Claudie et vous n'osez me le dire. Suis-je donc si terrible? Eh! mon Dieu, rien n'est plus simple, ma franchise vous paraîtra peut-être extraordinaire, et je ferai peut-être mieux, suivant les règles de la civilité puérile et honnête, de paraître ignorer les conventions de mon père et de M. Graindorge: mais quoi! je suis seule sur la terre, car un père est un père et ne peut se charger de certaines négociations difficiles et délicates. Vous êtes libre, monsieur, et je me charge de le dire à mon père. Claudie vous aime, je le sais....