—Il est vrai, dit Quaterquem, que c'est un sort déplorable et que vous avez raison d'accuser le destin, pour moi, je n'essayerai pas de justifier mon père. Il est inexcusable d'avoir tué Nelson et gêné l'avancement de M. Lucius Hornsby. Cependant, réfléchissez que nous sommes tous mortels et que Nelson, s'il eût échappé à mon père, aurait sans doute péri d'une autre main.

—Je le sais bien, s'écria M. Hornsby; et c'est ce qui m'indigne contre toute votre nation. Aussi j'ai juré que ma fille, quoi qu'il pût arriver, n'épouserait jamais un Français.

—C'est fort sagement pensé, dit Quaterquem, et je vous approuve, surtout si vous avez un bon gendre anglais tout préparé.

—J'ai mon ami Hercules, qui serait la perle des gendres s'il ne bâillait pas si fort quand je parle d'archéologie.

—Parlez-vous de M. Harrison?

—Oui; est-ce que vous le connaissez?

—Je le crois. N'est-ce pas un grand jeune homme roux qui se débattait de toutes ses forces sous le vestibule quand le convoi est parti? Entre nous, et sauf l'honneur qu'il a d'être le fiancé de miss Hornsby, je crois qu'il était entre deux vins.

—Entre deux vins! C'est impossible, monsieur, Hercules ne boit que du Porto. Vous vous trompez, à coup sûr.

—Admettons, si vous voulez, qu'il ne boive que du Porto. À coup sûr il a le Porto très dangereux. Je l'ai vu chercher querelle à quinze ou vingt personnes qui s'efforçaient vainement de le calmer.

—En effet, dit Cornelius, son absence est fort singulière, il faut qu'il lui soit arrivé quelque accident. Au reste, je suis tranquille; il nous aura bientôt rejoints.