—Il avait un chapeau à cornes.»
Cette conclusion admirable enleva l'assemblée. Buridan devint le roi du festin. Il chanta, il fit des calembours, il imita le glou-glou des bouteilles, le chant du coq, celui du canard la veille des jours de pluie, celui de la poule amoureuse. Tous les yeux étaient fixés sur lui, et, excepté Claude, tout le monde l'admirait.
«Je ne m'étonne pas, dit M. Paturot à sa femme, que ce gaillard dîne souvent chez les ministres. Si j'étais M. Guizot, il ne dînerait que chez moi.
—Papa, dit Cécile Paturot, prie M. Buridan de nous chanter quelque chose.»
D'un geste, Buridan commanda le silence.
«Surtout, lui dit Claude, fais attention que tu chantes devant des dames.
—C'est bien, austère Caton,» répliqua Buridan.
La recommandation de Claude fut fort mal reçue. On l'attribua à la jalousie, et les dames regardèrent le peintre de travers.
«Maman, dit Caroline Ventéjols, qu'est-ce que c'est qu'un austère Caton?
—Tu le vois bien, répondit aigrement la mère, c'est un homme très laid qui est jaloux, qui ne s'amuse pas et qui ne veut pas qu'on s'amuse.»