—Je m'en consolerais plus aisément, dit le mélancolique Pierrot.

—Ou du moins tu garderais le silence. Voyons donc cette oreille si mal à propos détachée. Il est vrai, mon ami, qu'elle pend d'une vilaine façon, et que cela doit faire un fâcheux effet au bal.... Souffres-tu beaucoup?

—Oh! oui, marraine, j'ai le coeur bien malade.

—Ce n'est rien, mon ami, mange ce morceau de sucre, cela passera.

Tout en parlant, elle prononça deux mots magiques en touchant l'oreille de sa baguette.

—Tiens! dit tout à coup Pierrot, mon oreille va mieux, mon oreille est rattachée, je suis guéri. Et il se mit à gambader dans sa chambre. Quand il en eut fait le tour douze ou quinze fois en sautant sur les chaises et renversant les tables, il se jeta à genoux devant la fée Aurore, et lui baisa la main d'un air si tendre et si reconnaissant qu'elle en fut touchée.

Tout à coup Pierrot sonna.

Un nègre parut.

—Donne-moi ma chemise de dentelles avec mon jabot, ma plus belle cravate et mon grand habit de cour.

La fée se mit à rire.