—Mon Dieu! s'écria-t-il tout à coup dans un transport d'enthousiasme, que toute la nature est belle et admirable! O marraine, que je vous rends grâce de m'avoir emmené loin de cette cour, de ce gros Vantripan, de sa sotte femme, de sa plus sotte fille et de son gredin de fils!

—Oh! oh! dit la fée en souriant, qu'est-il donc arrivé, Pierrot? Quelque mésaventure? Sa sotte femme! sa plus sotte fille! Quel langage pour un courtisan et pour un homme amoureux!

—Amoureux! dit Pierrot, je ne le suis plus, grâce au ciel; courtisan, je ne l'ai jamais été. Ce n'est pas moi qu'on verra attendre dans une antichambre que le roi passe et daigne me regarder; ni sous les fenêtres de cette pimbêche, qu'elle veuille, en abaissant ses regards vers la terre, s'apercevoir de ma présence.

—Tu es donc guéri, Pierrot?

—Radicalement, marraine. Je ne tenais plus à elle que par l'habitude ou par politesse, comme un oiseau qui a un fil à la patte. Ses mépris de ce matin ont coupé ce fil, et maintenant je suis libre.

—Eh bien! Pierrot, puisque tu es dans de si heureuses dispositions, veux-tu que je te dise pourquoi tu n'as pas réussi?

—Je ne veux pas le savoir, marraine.

—Oui, mais je veux te le dire, moi. Tu n'as pas réussi, parce que tu es ingrat.

—Moi, envers vous, marraine! Oh! vous me calomniez.

—Non pas envers moi, mais envers d'autres personnes. Réfléchis.