—Pierrot, sire, pour vous servir.
—Tu es un drôle bien hardi. Qui t'a dit de monter à cheval?
—Vous-même, sire.
—Moi?
—Vous, sire. N'avez-vous pas dit: Qu'on l'enterre et qu'un autre prenne sa place!» Je prends sa place. Toute la terre ne vous doit-elle pas obéissance? J'ai obéi.
—Et la casaque d'uniforme?
Ici Pierrot fut embarrassé un instant, mais la fée vint à son secours. Elle le toucha de sa baguette: en un clin d'oeil Pierrot fut habillé comme ses nouveaux camarades. Alors le roi, qui s'était penché vers le fond du carrosse pour parler à la reine, se retourna brusquement.
—Sire, dit Pierrot, je suis prêt.
—Comment! tu es habillé?
—Sire, ne vous ai-je pas dit que toute la terre vous doit obéissance? Vous avez voulu que je prisse l'uniforme. Je l'ai pris.