C'était donc mon adversaire naturel.

Je répondis assez froidement à la dame, car je me souvenais qu'elle avait devant moi, trois jours auparavant, appelé ma mère «la Trapoiseau»; cependant je promis, «pour rendre service à Michel», de plaider tout ce qu'on voudrait.

Elle vit bien la nuance; mais comme elle avait besoin de moi, elle ne se montra pas difficile.

—Surtout, dit-elle avec hauteur, souvenez-vous bien que je ne veux pas que vous ménagiez ces Forestier. Si vous le faisiez, j'en serais très mécontente, et Michel aussi.

Je promis d'écorcher vifs dans mon discours le pauvre député et madame Rosine; mais le mercredi suivant, veille de l'audience, je reçus de Michel la lettre suivante:

«Paris, 29 mai 1877.

»Cher ami,

»Je sais tout; les malheurs qui ont suivi mon départ et celui de M. Forestier, le meurtre affreux du pauvre César qui paie pour tout le monde, comme tous les êtres faibles et sans défense, les citations, les exploits d'huissier et la bataille que tu vas livrer devant le juge de paix.

»C'est cette bataille surtout que je crains. Ma mère et ma belle-mère (car la vieille Rosine sera ma belle-mère ou je lui couperai le cou comme elle l'a fait à César) ont juré de me séparer d'Hyacinthe. J'ai juré, moi, de l'épouser, et mon serment vaut le leur.

»Mais il faut user d'adresse.