Le juge de paix l'interrompit:
—Mon ami, dit-il, venez au fait, s'il vous plaît.
Alors, Néanmoins reprit:
—Voici le fait. Le lendemain du jour où le contrat de Mlle Hyacinthe Forestier et de M. Michel Bernard a été signé, la servante de Mme Bernard a cherché querelle à la nôtre; nous avons été traités de la façon la plus grossière: on nous a jeté à la tête des mots abominables et que la décence même défend de répéter devant les dames...
Toutes les femmes présentes brûlaient au contraire, d'envie de les entendre répéter; mais le vieux juge de paix, qui était réellement conciliant, fit signe qu'il approuvait cette réserve et même qu'il blâmerait fortement Néanmoins s'il osait s'en écarter. Celui-ci continua:
... Enfin, Mme Bernard et sa servante nous ont traités comme la dernière des dernières... Alors, justement indignés qu'on répondît par de tels procédés à toutes nos bontés, nous avons mis à la porte toute la famille; M. Michel Bernard à qui nous avons retiré la main de notre fille, la veuve Bernard sa mère, la Marion qu'on vient de voir déposer tout à l'heure et le paon.
César n'a pas voulu obéir à la loi. Il a sauté par-dessus le mur; il a franchi le Rubicon; il est tombé victime de sa témérité, de sa goinfrerie ou peut-être de l'avarice de Mme Bernard et de Marion qui ne le nourrissait pas assez bien...
—Si l'on peut dire!... interrompit Marion furieuse.
Mais le juge de paix lui fit signe de se taire.
—Enfin, que demandez-vous, Néanmoins?