XX
ENTRE ÉLECTEURS
Le même jour, vers quatre heures de l'après-midi, pendant que je rédigeais le testament d'une vieille dame dont on avait beaucoup parlé à Paris trente ans auparavant, mais non dans le meilleur monde, et qui voulait, pour racheter les péchés de sa jeunesse, léguer toute sa fortune à un couvent, la porte de l'étude s'ouvrit sans bruit.
Pour rendre plus facile le travail de l'intelligence, je fredonnais doucement le refrain:
Sapristi! qu'est-ce qui paiera
La goutte à la pa, à la pa pa,
Sapristi! qu'est-ce qui paiera
La goutte à la patrouille?
J'en étais à l'article 5 du testament. Il s'agissait d'un vieux monsieur qui devait être chargé d'un fidei-commis de cent mille francs, destiné, bien entendu, au couvent, lequel, en retour, ferait dire quelques centaines de messes pour retirer ma cliente du purgatoire. Il s'agissait de prévenir les procès en captation qu'un héritier naturel qui se croit frustré n'est que trop souvent disposé à intenter, et aussi de prendre quelques précautions contre l'infidélité possible du fidéi-commissaire. Il n'était pas aisé de trouver la formule; alors je continuai le couplet suivant:
La baronne avait du monde,