Le député soupçonnant la vérité, aurait bien voulu partir pour Versailles. Il se voyait entre le marteau et l'enclume, et regrettait les doux propos de la buvette parlementaire.

Quant à Mme Forestier, sans hésiter, elle appela Mihiète et lui donna tout bas un ordre.

—C'est ça, madame, répondit la cuisinière, ça leur apprendra!

Et elle revint deux minutes après apportant d'un air mystérieux un objet long de quatre pieds, assez pesant, de forme arrondie, qu'elle tenait caché derrière son dos.

La belle Rosine s'empara de cet objet, alla se poster entre les deux fenêtres et attendit son ennemi comme un Zoulou attend un Anglais au passage. Évidemment, la plaisanterie avait paru si bonne aux gens qui étaient dans le jardin qu'ils ne manqueraient pas de la renouveler.

Les contrevents de la première fenêtre se refermèrent à grand bruit, et déjà une main inconnue poussait ceux de la seconde; on voyait le bras bien à découvert, lorsque Mme Forestier, bondissant hors de sa cachette comme une lionne et brandissant l'objet mystérieux apporté par Mihiète—c'était un manche à balai, elle frappa un coup si vigoureux sur le bras à découvert que l'éclat de rire du jardin se changea en un effroyable cri de douleur.

—Ah! mon Dieu! s'écria Mme Reine Bernard, car c'était elle-même, elle m'a cassé le bras, cette coquine!...

Tous les mots les plus violents de la langue française suivirent celui-ci.

Enfin elle appela Marion.

De son côté, Rosine, se tournant vers son mari d'un air de triomphe, lui dit: