—Il n'a pas dit ça, monsieur Robin. Vous mentez! M. le curé est incapable de dire une sottise pareille!... Et, s'il l'avait dite, vous seriez un sot de me la répéter.

Le père Robin se leva de son fauteuil et répliqua:

—Ma chère enfant, il avait tort de parler avec si peu de respect des deux dames les plus aimables et les mieux élevées de France; mais enfin il l'a fait et je l'ai entendu de mes oreilles; au reste, tu pourras t'en assurer tout à l'heure, car le voici.

En effet, mon oncle le curé s'avançait à travers le jardin d'un pas majestueux, et fut introduit sur-le-champ.

Mais il avait à peine fini de saluer et de s'informer de la santé de l'intéressante malade, lorsque le juge de paix lui demanda brusquement:

—Est-il vrai, mon cher curé, que vous avez dit devant moi ce matin...

Et il répéta la phrase:

Ici le curé regarda Mme Bernard, puis le juge de paix, devina ce qui s'était passé, et répondit en souriant d'un air de reproche:

—Toute vérité n'est pas bonne à dire. Si j'avais laissé entrevoir une opinion défavorable pour quelqu'une de mes paroissiennes, il est vrai, monsieur le juge de paix, que j'aurais eu tort, mais...

Alors Mme Bernard l'interrompit d'une voix brève: