(Il fit claquer son ongle sous sa dent, pour exprimer plus fortement cette belle pensée).
Quant à moi, je donnerais si j'avais, mais je n'ai rien, absolument rien, rien de rien, ce qui s'appelle rien, au dire de Rosine, qui prend pour elle tout l'argent et ne me laisse que les traites à payer... C'est pour empêcher mes dissipations, dit-elle. Ah! Seigneur Dieu du ciel et de la terre! excepté mon traitement de député que je ne veux lâcher à aucun prix et qu'elle ne peut pas recevoir en mon absence, qu'est-ce que je reçois, excepté les notes des fournisseurs? Vous le savez, Saumonet?
Le notaire fit signe qu'il le savait.
—Eh bien! voyons, reprit le député d'un ton suppliant, ne pourrai-je pas, puisque ma femme est maîtresse de tout, lui arracher quelque chose pour ma fille, pour ma chère petite Hyacinthe!
Le ton suppliant de ce pauvre homme aurait attendri un tigre; maître Saumonet répondit:
—Monsieur, vous connaissez les instructions que m'a données madame Forestier. Je suis forcé de m'y tenir. Mille écus de pension à la future, voila tout; et elle ne s'engage à verser cette somme que dans les mains de sa fille, et encore à condition que la conduite de sa fille et de son gendre la satisfera pleinement; sans quoi elle supprimerait tout!... Du reste, si, comme elle a lieu de l'espérer, leur conduite est satisfaisante, madame Forestier ne s'interdit pas le droit de faire quelque chose de plus; mais elle est et veut demeurer toujours maîtresse de ses bienfaits...; c'est pour le bonheur, bien entendu, de sa fille qu'elle en agit ainsi.
Vous auriez ri si vous aviez vu la mine à la fois solennelle, ironique et pincée de maître Saumonet, pendant qu'il débitait ce petit discours.
M. Forestier était accablé.
M. Vire-à-Temps présidait.
Quant à M. Bouchardy, il se leva; me conduisit à dix pas de là et me dit: