Fanny insensée, éperdue, caressait amoureusement la gorge palpitante qui se mouvait au dessus d'elle.
En un instant la comtesse fut vaincue, achevée.
"G. Quel feu vous allumez! C'est trop…… grâce!… oh!…. quel jeu lubrique! vous me tuez…. Dieu! j'étouffe."
Le corps de la Comtesse retomba lourdement de côté comme une masse morte.
Fanny plus exaltée encore, jette ses bras à mon cou, m'enlace, me serre, croise ses jambes sur mes reins.
"F. — Cher ami! à moi… tout à moi. Modère un peu… arrête…. là…. ah!….. va plus vite… va donc….. oh! je sens!… je nage!…. je……"
Et nous restâmes l'un sur l'autre étendus, raides, sans mouvement; nos bouches entrouvertes, mêlées, se renvoyaient à peine nos haleines presque éteintes.
Peu à peu nous revînmes. Tous trois nous nous relevâmes et nous fûmes un instant à nous regarder stupidement….
Surprise, honteuse de ses emportements, la Comtesse se couvrit à la hâte. Fanny se déroba sous les draps; puis comme un enfant, qui comprend sa faute quand elle est commise et irréparable, elle se mit à pleurer: la Comtesse ne tarda pas à m'apostropher.
"G. — Monsieur, c'est une bien misérable surprise. Votre action n'est qu'un odieux guet-à-pens, une lâcheté infâme…. vous me forcez à rougir."