PREMIER BOURGEOIS.
Quelle pitié pour les familles!
DEUXIÈME BOURGEOIS.
Voilà des malheurs inévitables. Que voulez-vous que fasse la jeunesse d'un gouvernement comme le nôtre? On vient crier à son de trompe que César est à Bologne, et les badauds répètent: «César est à Bologne,» en clignant des yeux d'un air d'importance, sans réfléchir à ce qu'on y fait. Le jour suivant, ils sont plus heureux encore d'apprendre et de répéter: «Le pape est à Bologne avec César.» Que s'ensuit-il? Une réjouissance publique, ils n'en voient pas davantage; et puis un beau matin ils se réveillent tout endormis des fumées du vin impérial, et ils voient une figure sinistre à la grande fenêtre du palais des Pazzi. Ils demandent quel est ce personnage, on leur répond que c'est leur roi. Le pape et l'empereur sont accouchés d'un bâtard qui a droit de vie et de mort sur nos enfants, et qui ne pourrait pas nommer sa mère.
L'ORFÈVRE, s'approchant.
Vous parlez en patriote, ami; je vous conseille de prendre garde à ce flandrin.
Passe un officier allemand.
L'OFFICIER.
Ôtez-vous de là, messieurs; des dames veulent s'asseoir.
Deux dames de la cour entrent et s'assoient.