Pardonne-moi: c'est un moment de délire, et je n'étais pas maître de moi.
CÉCILE.
Elle m'a demandé cette lettre, et je n'osais la lui montrer; je savais ce qui allait arriver. Mais qui est-ce donc qui l'avait avertie? Elle n'a pourtant rien pu deviner; la lettre était là, dans ma poche.
VALENTIN.
Pauvre enfant! on t'a maltraitée; c'est ta femme de chambre qui t'aura trahie. [A qui se fier en pareil cas?]
CÉCILE.
Oh non! ma femme de chambre est sûre; il n'y avait que faire de lui donner de l'argent. Mais en manquant de respect pour ma mère, vous deviez penser que vous en manquiez pour moi.
VALENTIN.
N'en parlons plus, puisque tu me pardonnes. Ne gâtons pas un si précieux moment. O ma Cécile! que tu es belle, et quel bonheur repose en toi! Par quels serments, par quels trésors puis-je payer tes douces caresses? [Ah! la vie n'y suffirait pas. Viens sur mon cœur; que le tien le sente battre, et que ce beau ciel les emporte à Dieu!]
CÉCILE.