Sacrebleu! je ne vois pas le signal. Il faut pourtant que j'aille au bal chez Nasi: c'est aujourd'hui qu'il marie sa fille.

GIOMO.

Allons au pavillon, monseigneur; puisqu'il ne s'agit que d'emporter une fille qui est à moitié payée, nous pouvons bien taper aux carreaux.

LE DUC.

Viens par ici; le Hongrois a raison.

Ils s'éloignent.—Entre Maffio.

MAFFIO.

Il me semblait dans mon rêve voir ma sœur traverser notre jardin, tenant une lanterne sourde, et couverte de pierreries. Je me suis éveillé en sursaut. Dieu sait que ce n'est qu'une illusion, mais une illusion trop forte pour que le sommeil ne s'enfuie pas devant elle. Grâce au ciel, les fenêtres du pavillon où couche la petite sont fermées comme de coutume; j'aperçois faiblement la lumière de sa lampe entre les feuilles de notre vieux figuier. Maintenant mes folles terreurs se dissipent; les battements précipités de mon cœur font place à une douce tranquillité. Insensé! mes yeux se remplissent de larmes, comme si ma pauvre sœur avait couru un véritable danger.—Qu'entends-je? Qui remue là entre les branches?

La sœur de Maffio passe dans l'éloignement.

Suis-je éveillé? c'est le fantôme de ma sœur. Il tient une lanterne sourde, et un collier brillant étincelle, sur sa poitrine aux rayons de la lune. Gabrielle! Gabrielle! où vas-tu?