C'est un musicien remarquable, fort bon chanteur et joueur d'instruments. Le roi l'écoute volontiers, et il a su, avec ses aubades, s'attirer la protection des gens de cour. Il nous sonna fort doucement l'autre soir d'une guitare qu'il avait apportée, avec certaines amoureuses et tout à fait gracieuses ariettes; nous sommes là une demi-douzaine qui avons des bontés pour lui.
[MAITRE BERNARD.
En vérité? Eh bien! à mes yeux, c'est là le moindre de ses mérites; non que je méprise une bonne chanson, il n'y a rien qui aille mieux à table avec un verre de cerigo; mais avant d'être un savant musicien, un troubadour, comme on dit, Minuccio, pour moi, est un honnête homme, un bon, loyal et ancien ami, tout jeune et frivole qu'il paraît, ami dévoué à notre famille, le meilleur peut-être qui nous reste depuis la mort du père d'Antoine. Voilà ce que je prise en lui, et j'aime mieux son cœur que sa viole.]
SCÈNE VIII
Les Précédents, MINUCCIO.
CARMOSINE.
Bonsoir, Minuccio. Puisque tu chantes pour le vent qui passe, ne veux-tu pas chanter pour nous?
MINUCCIO.
Belle Carmosine, je chantais tout à l'heure, mais maintenant j'ai envie de pleurer.