—Eh! quand je ne le serais pas, répondit-elle, ne crois-tu pas que je t'aime? Mais je le suis, ajouta-t-elle aussitôt, voyant Frédéric hésiter; la personne qui m'accompagnait tantôt t'a peut-être donné à penser; l'as-tu regardée?
—Non, je n'ai regardé que toi.
—C'est un excellent garçon; il est marchand de nouveautés et assez riche; il veut m'épouser.
—T'épouser, dis-tu! Est-ce sérieux?
—Très sérieux; je ne l'ai pas trompé, il sait l'histoire entière de ma vie; mais il est amoureux de moi. Il connaît ma mère, et il a fait sa demande il y a un mois. Ma mère ne voulait rien dire sur mon compte; elle a pensé me battre quand elle a appris que je lui avais tout déclaré. Il veut que je tienne son comptoir: ce serait une assez jolie place, car il gagne par an une quinzaine de mille francs; malheureusement cela ne se peut pas.
—Pourquoi? Y a-t-il quelque obstacle?
—Je te dirai cela; commençons par aller chez toi.
—Non; parle-moi d'abord franchement.
—C'est que tu vas te moquer de moi. J'ai de l'estime et de l'amitié pour lui, c'est le meilleur homme de la terre; mais il est trop gros.
—Trop gros? Quelle folie!