—Vous prenez feu bien vite, chevalier; on croirait que vous allez provoquer toute la cour; vous ne finirez jamais de tuer tant de monde.

—Mais, madame, si ce page est tombé, et si j'ai porté son message.... Permettez-moi de vous demander pourquoi je suis interrogé.

Le masque lui serra le bras et lui dit:—Monsieur, écoutez.

—Tout ce qui vous plaira, madame.

—Voici à quoi nous pensons, maintenant. Le roi n'aime plus la marquise, et personne ne croit qu'il l'ait jamais aimée. Elle vient de commettre une imprudence; elle s'est mis à dos tout le parlement, avec ses deux sous d'impôt, et aujourd'hui elle ose attaquer une bien plus grande puissance, la compagnie de Jésus. Elle y succombera; mais elle a des armes, et, avant de périr, elle se défendra.

—Eh bien! madame, qu'y puis-je faire?

—Je vais vous le dire. M. de Choiseul est à moitié brouillé avec M. de Bernis; ils ne sont sûrs, ni l'un ni l'autre, de ce qu'ils voudraient essayer. Bernis va s'en aller, Choiseul prendra sa place; un mot de vous peut en décider.

—En quelle façon, madame, je vous prie?

—En laissant raconter votre visite de l'autre jour.

—Quel rapport peut-il y avoir entre ma visite, les jésuites et le parlement?